L’inévitable commission d’enquête
Je suis de ceux qui doutent de l'efficacité des commissions d'enquête. Elles sont à la justice ce qu'est la télé-réalité aux médias. On en parle beaucoup, on s'attache aux personnages, on joue au gérant d'estrade, on s'émoit et on en ressort avec un grand vide.
Comme la télé-réalité, elles coûtent cher, font un malheur dans les cotes d'écoute et n'apportent pas grand chose au débat public une fois la poussière retombée. Les commissions d'enquête créent des vedettes, pas des solutions.
Jean Charest est néanmoins cuit. Il n'a pas le choix. À chaque fois qu'il dit non, on se demande ce qu'il a à cacher. Son refus le condamne.
Il est devenu la victime d'une non-commission d'enquête et j'ai l'impression que c'est plus lourd à porter que celui de victime d'une commission.
En refusant la tenue d'une commission, Jean Charest réussit 1) à accroître son impopularité; 2) à souiller la marque « libérale » dans une grande partie de l'opinion publique et 3) il en fait l'enjeu de la prochaine campagne électorale et du mandat du gouvernement qui succèdera à celui de son parti. Car il y aura une commission d'enquête tôt ou tard, que les libéraux le veuillent ou non. Échec et mat.
En disant oui à la tenue d'une commission, 1) il a l'air un peu fou après des mois d'obstination; 2) on dira qu'il a été obligé d'agir ainsi et il ne tirera aucun profit de sa création; 3) les faits qui pourraient être rapportés terniront encore plus l'image de son gouvernement ou confirmeront la perception qu'en ont les Québécois; 4) dans le meilleur des cas, les enquêteurs de la commission seront encore au boulot au moment du déclenchement des élections, mais l'opposition lui reprochera d'avoir fait exprès ou, pire, de déclencher des élections avant ses conclusions. Échec et mat.
Cuit, je vous dit. Il a le choix d'être électrocuté dans un an et demi ou de mourir par empoisonnement dans trois ou quatre ans (ce sont évidemment des images…) quand sera déposé le rapport de le commission organisée par un prochain gouvernement. À sa place, je finirais ça au plus vite et j'affronterais maintenant un destin incontournable. Affrontera-t-il aujourd'hui ou subira-t-il demain ? Sa place dans l'histoire dépendra peut-être de la réponse à cette question.
Je ne présume même pas ici de sa culpabilité potentielle ni du « manque de curiosité » qu'on pourrait lui reprocher. Non, Jean Charest est déjà condamné dans la tête des Québécois. Toutes les rumeurs et toutes les insinuations seront retenues contre lui dans ces tribunaux populaires télévisés. Pas besoin de chercher loin pour expliquer mon point de vue. Je n'accorde aucune crédibilité à Marc Bellemare, mais l'accusateur aura toujours raison face à un élu discrédité.
La pétition en ligne pour sa destitution procède de la même logique. Jean Charest est coupable sans procès ni appel et n'aurait qu'à se rendre. Je suis de la vieille école. On bat les premiers ministres aux urnes, pas au poids de la pétition.
Maintenant, de quelle commission d'enquête avons-nous besoin. À entendre certains, le financement du Parti libéral, la collusion alléguée entre entrepreneurs de la construction, le quasi-monopole syndical dans cette industrie, les trafics d'influence allégués dans le monde municipal, le rôle de la mafia, tout cela fait partie de la même… enveloppe. Le territoire est prodigieusement vaste et vague. Mon collègue François Pouliot suggère la tenue de trois commissions différentes avec des mandats mieux cernés. Ce n'est pas bête. Pour les passionnés du genre, ce serait comme avoir Loft Story, Occupation Double et Star Academie le même jour.
La grande question, c'est aussi de savoir pourquoi sommes-nous en arriver là. Pourquoi faut-il des opérations policières particulières pour enquêter sur l'intimidation, la fraude ou le trafic d'influence? Pourquoi les journalistes de l'émission Enquête apparaissent-ils plus alertes et informés que la police, les ministères, la Commission de la construction du Québec ou le Directeur général des élections du Québec ?
Dans le lourd climat de suspicion qui règne au Québec, ce n'est peut-être pas de François Legault dont nous avons besoin, mais d'Alain Gravel !




10 h 34 min
Peut-être que si l’état s’en tenait qu’à l’essentiel et ne mettait pas son nez partout, on n’aurait pas ce problème… ou il serait de moindre importance.
Maclean avait peut-être raison. Nous sommes le Mexique au nord des USA !
22 h 28 min
S’en tenir à l’essentiel? J’ai souvent entendu cette locution dans la bouche de ceux qui rêvaient de voler leur voisin.
Comme par exemple le parc immobilier de logement sociaux d’une valeur de 4.5 Milliards (Aujourd’hui) que l’on devrait donner aux privé pour réduire le risque financier et que nous possédons collectivement depuis plus de 30 ans. Le temps nécessaire à absorber l’hypothèque. Et on devrait le donner au privé, sans hyppothèque et sans remboursement des paiements faits depuis 30 ans.
Personellement j’ai plutôt hâte de voir des gens réclamer que l’état remplisse ses devoirs d’entreprise collective ce qui amènerait une culture de l’entreprenariat dans toutes les couches de la société.
16 h 09 min
Monsieur, à force de mentir au peuple, les gouvernements qui se sont succédés nous sans exception menti sur tout ou presque tout.
Prenez exemple, lors de la dernière campagne électorale, les libéraux clamaient haut et fort que tout allait bien, que le chauffeur avait les deux mains sur le steering.
Presqu’au lendemain de cette élection qui soit en disant a obtenu la plus faible participation quant au pourcentage de votes, on apprenait que la C.D.P. avait flushé 40 milliards….
Alors il ne faut pas s’étonner que les contribuables soient devenus agniostiques…
Il est trop tard, pauvre Québec, il se dirige vers un avenir pour le moins incertain financièrement et il risque l’éclatement.
Mario Poisson
2854, Avenue Royale
ST-CHARLES DE BELLECHASSE
G0R 2T0
2 h 08 min
»Pourquoi les journalistes de l’émission Enquête apparaissent-ils plus alertes et informés que la police »
Faudrait peut-etre expliquer à monsieur Duhamel que les journalistes d’Enquete utilisent et re utilisent les informations donnés par la police d’y il y 5 ans, bref un ramasis de vielle infos. Enquete n’a reveler rien de nouveau. Il y a une raison pourquoi tu ne voit que tres peu de SPVM, SQ ou GRC dans les médias sur le sujet. Ils ne reveleront pas des d’informations capitaux au petit peuple et surtout pas aux journalistes qui amplifie l’information a leurs façon.
8 h 28 min
La population sait qu’il y a de l’argent qui se passe »sous la table » depuis toujours. Ce que nous savons pas,c’est comment,quand,ou et avec qui.
Et c’est ce que la population veux savoir.La commission d’enquête nous le dira. Et plus le gouvernement s’entête,plus ils sont coupable aux yeux du public, car c’est comme si ils ont quelque chose à cacher.
14 h 17 min
Monsieur Duhamel,
Votre parallèle entre la télé-réalité et une commission d’enquête n’est pas juste et témoigne d’un cynisme qui, à mon avis, ne fait que discréditer votre propre profession, parce ce que c’est justement l’activité des médias et des journalistes qui donne aux commissions d’enquête une allure de cirque, en ne retenant des débats et audiences que ce qui saura émoustiller l’opinion publique, faire ventre leur journal.
Une commission d’enquête bien menée aura, ne vous en déplaise, les mérites suivants : 1) conscientiser les élus du fait qu’ils ne sont pas au-dessus des lois et que toute malversation pourrait un jour ou l’autre être mise au jour et punie (effet de dissuasion); 2) forcer les élus à finalement se doter de règles et de mécanisme destinés à assurer une certaine éthique, quels qu’ils soient.
Enfin, le cynisme et le dédain qui se dégagent de votre article sont à mon sens indigne de votre profession.
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N’êtes-vous pas curieux de découvrir l’ampleur du problème de corruption au Québec, Monsieur Duhamel? Si une commission d’enquête n’est autre chose qu’un spectable médiatique, elle présentera au moins l’avantage de montrer publiquement ce qui se tient dans l’ombre, soit la corruption et ses divers avatars. En ce sens, elle ne sera pas tant une télé-réalité à la Occupation double qu’un docu-réalité, c’est-à-dire qu’elle nous fera découvir un monde dont nous connaissons l’existence, mais non le visage, de la même façon qu’un décumentaire pourrait, par exemple, nous faire découvrir le monde de la prostitution. Faire de la lumière sur l’ombre, ce devrait être quelque chose qui intéresse un journaliste, non? ..