Les Canadiens plus endettés que les Américains… et 2 fois plutôt qu’une
Les Canadiens n'ont pas cessé depuis deux ans de pointer du doigt et avec une certaine arrogance l'endettement des ménages américains et la dette publique colossale que sont en train de se bâtir nos voisins. Combien de fois n'avons-nous pas été fiers de dire « Chez nous, c'est pas pareil ». Combien de fois avons-nous écrit qu'il n'y a pas eu de bulle immobilière au Canada, pas d'institutions financières menacées, peu de licenciements et que les déficits publics étaient demeurés relativement modestes.
Le Canada a traversé sans trop de dégâts une récession sévère alors que le taux de chômage reste très élevé chez nos voisins. Nos gouvernements promettent un équilibre budgétaire d'ici cinq ans alors qu'on ne voit pas le jour où une administration américaine présentera un budget équilibré. Morale de cette histoire : il y a d'un côté le vertueux et valeureux Canada et de l'autre l'endetté et égoïste américain.
Mais ce n'est qu'une partie de l'histoire. Ou plutôt un regard sur une histoire plus complexe qu'elle n'en a l'air et qui n'est pas encore terminée.
L'endettement des Canadiens est maintenant plus élevé que celui des Américains. La dette des ménages canadiens a augmenté de 6,7 % depuis un an et le ratio d'endettement (dette sur les revenus) atteint 148,1 %, contre 147,2 % aux États-Unis. C'est un niveau sans précédent qui inquiète le gouverneur de la Banque du Canada Mark Carney. Ce dernier est du reste dans une singulière position, car la politique de bas taux d'intérêt a grandement favorisé l'endettement des ménages. Il se trouve un peu comme un pusher qui s'inquièterait du degré d'intoxication de ses clients.
Ceci dit, je partage plutôt l'inconfort de M. Carney que l'optimisme de certains économistes. Certes, les Canadiens se sont enrichis ces dernières années. La Bourse a plutôt bien fait depuis 18 mois et le marché immobilier continue de s'apprécier. L'endettement ne paraît pas si lourd comparativement aux actifs. Voici le côté rose de la situation.
De mon côté, je trouve plutôt vulnérables des consommateurs qui ont 57,3 milliards de dettes sur leurs cartes de crédit, des maisons qui se sont incroyablement appréciées dans certaines régions du pays et dont les actifs boursiers dépendent souvent des titres des sociétés énergétiques et des institutions financières.
Voilà pour l'endettement privé.
On sait que les finances publiques de nos voisins se retrouvent dans un état lamentable. Pour donner un ordre de grandeur, le déficit américain de 2009 est grosso modo l'équivalent de la dette du gouvernement fédéral canadien. Washington se retrouvera avec une dette qui devrait atteindre les 20 000 milliards de dollars en 2015.
Pourtant, savez-vous que la dette publique par habitant du Canada est plus élevée que la dette publique per capita des États-Unis ? Ce tableau de The Economist, établit la dette canadienne en 2011 à 38 700 dollars par personne contre 34 468 dollars par Américains. On prend souvent pour acquis que la dette canadienne se limite à celle du gouvernement fédéral, sans tenir compte des autres gouvernements et administrations.
Résultat : nous sommes plus endettés personnellement que les Américains et le poids de notre dette publique est plus lourd.
Ce tableau de The Economist montre l'ampleur de la dette publique des différents pays. Nous en sommes presque à 41 000 milliards de dollars.
Parallèlement, McKinsey Global Institute, estimait à 25 000 milliards de dollars les investissements requis par les pays émergents en 2030. Le tout accompagné d'une chute de l'épargne mondiale en raison du vieillissement de la population.
Le financement de la dette des États et les investissements prévus dans ces pays vont nécessiter des tonnes de capitaux. Les épargnants et les investisseurs auront le choix. Ils demanderont les meilleurs rendements et le maximum de sécurité. Malheur aux États qui n'auront pas été prudents.




22 h 28 min
Je vous rappelle comme dans d’autres commentaires précédents que la structure de la dette est codifiée depuis le 18e siècle (Louis XV et Louis XVI, révolution américaine) sur des normes non comptables. Elles sont déterminées pour faciliter l’appropriation des biens collectifs par des particuliers sans qu’il y ait de contrepartie de leur part.
Pour la dette la seule manière pour un gouvernement d’emprunter est d’émettre des obligations d’épargne. La population d’un état à une dette qu’elle doit SE remettre à elle même plus tard.
Cela dit il ne faut pas faire comme au Québec où on emprunte via les obligations, les besoins de financement des cinq ou dix prochaines années concernant les infrastructures. Les appels d’offre ne sont pas encore composé et on empruntent déjà pour payer la facture…C’est vraiment mettre la charue avant les boeufs. ( Ref:Chapitre D discours du budget Bachand)