Les faux scandales du Journal de Montréal
Le procédé est toujours le même. Sous la rubrique «Où vont vos impôts ?», le Journal de Montréal débusque le scandale et identifie les «fonctionnaires» qui abuseraient de l'argent public. Nous sommes parmi les plus taxés après tout et il faut dénoncer les poltrons. Invariablement, Claire Joly, de la Ligue des contribuables (que j'aime bien par ailleurs), s'offusquera et trouvera le tout inacceptable. Je pense que tous les hauts-fonctionnaires et dirigeants d'organismes publics finiront par y passer.
Mercredi, c'était au tour de Heather Munroe-Blum, la rectrice de l'Université McGill, de goûter à la médecine du journal. Son crime ? En plus de son salaire de 360 000 dollars, elle a obtenu le remboursement de dépenses de 124 000 dollars entre juin 2009 et juin 2010. Ce qui serait particulièrement odieux, c'est qu'une partie de cette somme aurait servie à payer une femme de ménage (21 000 $) et un paysagiste (3 000 $).
Quel scandale en effet alors que la scélérate rectrice n'arrête pas de se plaindre du sous-financement des universités ! Comment peut-on dénoncer les déficits et les manques à gagner du réseau universitaire (évalué à plus de 400 millions de dollars) et dépenser avec tant de légèreté 24 000 dollars provenant des contribuables ? Pow ! je te dénonce, moi le grand justicier des contribuables québécois ! (Mais qui appuie par ailleurs la construction d'un Colisée de 400 millions entièrement payé par les payeurs de taxes. Mais ça, c'est la « Maison du peuple » si j'ai bien lu.)
Revenons à McGill. Nous parlons ici de l'une des 20 meilleures universités au monde pour une septième année consécutive selon le Times Higher Education, publié à Londres et la deuxième université publique la mieux cotée en Amérique du Nord et la première au Canada. Nous parlons d'une université où ont étudié ou enseigné huit Prix Nobel et qui contribuerait à la création d'une centaine d'inventions chaque année, lit-on sur le site de l'université.
Pour diriger une telle université, on ne va pas chercher des deux de pique et on ne les paie pas au salaire d'un professeur de maternelle. La première question qu'il me vient en tête c'est de savoir si la rémunération de Madame Munroe-Blum se compare à celle des présidents ou recteurs des grandes universités comparables.
Allons donc du côté public et oublions les Harvard, MIT et autres prestigieuses institutions qui, comme McGill, font partie des meilleures universités au monde. Le président de l'université Ohio State, une université publique, a gagné 1,6 million de dollars l'an dernier. Le mieux payé au Canada est le président de l'Université de l'Alberta qui a mérité l'an dernier 600 000 dollars.
Avec une rémunération globale de 484 000 dollars l'an dernier, la rectrice de McGill gagne autant que son vis-à-vis à l'Université de Toronto. Le salaire de Heather Munroe-Blum est moindre, mais elle réclame des dépenses, notamment pour l'entretien de sa résidence. À Toronto, le président de l'Université a une résidence de fonction où il accueille les dignitaires, les chercheurs qu'on veut débaucher et les riches contributeurs qui vont assurer le rayonnement de l'institution. Cela n'existe pas à McGill, d'où le remboursement de certaines dépenses. Ce n'est pas un scandale, c'est une économie par rapport à l'Université de Toronto !
Une partie importante du travail d'un recteur est de faire rayonner l'université. Depuis trois ans, McGill est allé chercher plus de 500 millions de dollars dans le cadre de sa campagne de financement de 750 millions de dollars qui se terminera en 2012. Cet argent servira à attirer et fidéliser les meilleurs professeurs (255 millions), offrir des bourses de recherche et de l'aide financière aux étudiants (225 millions) ou dans les bâtiments et laboratoires (161 millions).
Qui est constamment appelé à « vendre » l'institution et à conclure les discussions avec les gros donateurs d'un peu partout au monde ? La rectrice. Cela est devenu une partie importante des fonctions d'un recteur, d'un directeur d'établissement ou d'un doyen de faculté. Il ne faut pas s'étonner de voir des comptes de dépenses substantiels qui s'ajoute à la rémunération globale du dirigeant.
La semaine prochaine, on aura sans droit à l'infâme scandale d'un haut-fonctionnaire qui a offert une bouteille de vin à son équipe de direction…
À croire qu'un déficit de 4,3 milliards de dollars s'expliquerait par des comptes de dépenses inappropriés.




7 h 57 min
Pierre,
J’aime bien ton billet de ce matin, variation sur un thème connu. Je partage avec toi la préoccupation que soient rémunérés à leur juste valeur les hauts dirigeants de nos grandes institutions et suis tout aussi irrité que toi dans grands titres sensationnalistes…
Cela dit, je suis tout autant préoccupé par les détours alambiqués que prennent les conseils d’administration pour « monter » un tel salaire en acceptant divers types de dépenses. Si Mme Munroe-Blum mérite un salaire de 484 000$ (ce que je crois également), alors son conseil d’administration devrait lui accorder une telle rémunération, pas un salaire de 360 000$ avec toute sorte de dépenses connexes. De toute manière, aux fins de l’impôt, ces dépenses connexes sont réputées être un revenu personnel et donc de ce fait tout autant imposables!
Il ne faut pas être surpris, si on procède par de tels détours, que ce choix fasse la une des journaux. Tous les fonctionnaires et tous les dirigeants de sociétés publiques sont conscients de la possibilité que les informations sur les dépenses puisse être rendues publiques via la loi d’accès à l’information.
Bref, si on désire que ce type d’information ne fasse pas scandale, mettons le tout dans la rémunération et le dossier sera clos d’un coup!
Cordialement,
PA
15 h 05 min
Je suis d’accord avec toi Paul. La rémunération des hauts salariés de l’État ou des organismes publics est trop complexe au Québec.
17 h 03 min
Je suis en desaccord total. Si le salaire d une personne n’est pas juste, ajustons le, cela ne signifie absolument pas des agissements caches ou des detournements, en utilisant par exemple un compte de depense pour le travail comme source de financement pour sa propre maison. Si son travail vaut plus que ce qu’on lui donne, donnons lui plus, mais exigeons tout de meme un minimum d’honnetete et d’integrite. On voit sans cesse de la publicitee pour denoncer le travail au noir, les pots-de-vin et autres, souvent ceux qui sont punis sont ceux qui gagne a peine de quoi survivre alors que cette dame, qui a mon avis gagne plus qu’assez pour survivre( ou peut-etre que le seuil de la pauvrete a depasse les 360 000$ pendant que je regardais ailleurs?) devrait avoir le droit de faire de fausse declarations sur son compte de depense qui est pour son travail, non pas sa maison!
8 h 12 min
Juste pour la question du financement public du nouvel amphithéâtre à Québec, ils mériteraient de se faire ramasser.
Mais bon, comme on peut impunément s’enfuir du conseil de presse pour éviter de se faire mettre sous le nez ces incohérences…
17 h 06 min
En ce qui me concerne, si on finance un nouvel amphi theatre avec les fonds pyubliques, alors les profits generes par l’amphitheatre en question devraient retourner directement aux meme fonds publiques. Il n’y a aucune raison pourquoi des millionnaires devraient se voir offrir un gagne pain supplementaire aux frais de gens plus pauvres qu’eux, soyons un tantinet logique et juste pour faire changement…….
9 h 11 min
Pour être les meilleurs, ça prends de moyens. Tant que c’est moralement acceptable, et ça l’est d’après moi, foutons-leur la paix. Je déteste le journalisme à sensation qui ne va pas au fond des choses et qui s’arrête aux apparences. Un bon journaliste va plus loin, mais voilà, la facilité est souvent légion pour vendre des copies (ou les donner). Surtout en temps de lockout…
Merci de mettre le tout en perspective. Excellent travail Pierre!.
10 h 54 min
Quand on veut couper 80% de son personnel, on arrive à de tels résultats: du journalisme minable dirigé par un patron odieux!
14 h 35 min
Bonjour Pierre,
Je suis entièrement d’accord avec ton billet.
Le JdM est un ramassis « nouvelles » qui mènent une fois sur deux à de faux débats entre plébéiens et patriciens, montés en épingle à la Une. Pendant ce temps, les excès de convergence de l’Empire Quebecor sont habilement occultés.
Donnons du pain, des jeux et matière à se scandaliser aux prolétaires semble être la devise remasterisée du pkpatron. Le peuple, dès lors, est nourri exclusivement à la mamelle unique de « l’information » de sorte qu’on l’aura dépouillé de tout sens critique. Il sera soumis ensuite à un régime frôlant la propagande et, pour s’assurer qu’il n’y ait pas de rechutes, les Mongrain de ce monde le harangueront pour lui dire quoi penser.
Résultat: un peuple de « suiveux », dévorant les magazines de comptoirs-caisses, le nez fourré dans les bobettes des télé-réalités, prêt à se braquer contre tout ce qui a rapport à l’excellence (et les coûts qui s’y rattachent); hormis, évidemment, nos gladiateurs du sport et de la flanelle: ces vrais héros!
Beau portrait…
Quebecor est malgré tout une entreprise et une réussite financière dont le Québec devrait être fier. Un peu d’autocritique et beaucoup moins de démagogie de la part de ses patrons de presse nous la rendrait d’autant plus sympathique.
À bientôt!
P.S. Sur le même sujet mais vu de l’intérieur:
http://ruefrontenac.com/valeriedufour/23934-virage-droite-journal-de-montreal
P.P.S. Par ailleurs, pour la rubrique «Où vont vos impôts?», je t’invite à consulter le compte-rendu d’un des meilleurs fiscalistes au Canada sur le premier rapport de l’ombudsman de l’ARC publié sur notre site.
http://www.conseiller.ca/nouvelles/premier-rapp-ort-annuel-de-l’ombudsman-des-contribuables…-pincez-vous-le-nez-et-lisez-ceci-26347
16 h 41 min
Bonjour Yves. Je te trouve quand même très sévère. Je ne me donne pas le droit de juger ceux qui lisent les journaux de Sun Média. J’y ai collaboré de façon indirecte pendant une quinzaine de mois et des centaines de personnes ont commenté mes textes. Des gens intéressants et souvent très informés.
18 h 26 min
Loin de moi l’idée de juger chaque lecteur des journaux de Sun Media parmi lesquels se trouve certainement des gens de très grandes qualités.
C’est plutôt en tant que groupe-cible auquel je faisais référence. Cette masse qui consomme les produits de la convergence. Il y a une façon de faire de l’information qui attire ce groupe de même qu’il y a une façon « Le Devoir ou La Tribune ». Si ce procédé de manipulation de l’info ne captivait pas tant, on ne l’érigerait pas en politique éditoriale pour attirer son groupe-cible. Il y a moyen de rendre la même info sans le doigt accusateur ou le pilori virtuel. Pour un grand média d’information, choisir systématiquement le ton du scandale mine sa crédibilité. Le commentaire, écrit ou implicite, devrait n’apparaître qu’aux pages d’opinion ou éditoriales.
Le groupe-cible est-il dupe du procédé?
Pourquoi alors en redemande-t-il au point de faire tourner les presses et la caisse à fond? Complaisance? Délectation?
14 h 02 min
Ce que je ne comprends pas c’est pourquoi on s’engage dans une lutte perdue d’avance contre les grandes universités du monde anglo-saxon avec une institution PUBLIQUE, dont la plupart des étudiants n’ont rien à cirer du Québec et qui s’empressent de plier bagages dès leurs études terminées. Évidemment, si ça se fait partout en Amérique du Nord, il faut absolument foncer tête baissée. Regardez par exemple cet article: goo.gl/Wn3K. Nous n’aurons jamais de Harvard sous la main, quoi qu’on nous dise.
On subventionne des Ontariens à la pelle et tout ce qu’on reçoit en retour c’est des loyers plus élevés en ville et la rue Crescent. Je ne parle pas de l’exception, je parle de la grande majorité et j’en sais quelque chose, j’y ai fait mes études.
Rayonnement pour qui? Quelques universitaires nombrilistes? Des médecins qui ne parlent pas français et qui s’exilent aux USA dès que possible? Une rectrice qui veut hausser nos frais de scolarité pour financer des bourses pour les étudiants étrangers (c’est son programme politique en passant). On n’a pas besoin de financer ça, si McGill veut être une institution sans racines au Québec, qu’elle se finance d’elle-même.
15 h 10 min
Je suis en total désaccord. Le Québec est grandi par la réputation et l’apport de McGill et de ses instituts affiliés. Je suis un grand fan de l’Institut et hôpital neurologique de Montréal, l’une des trois ou quatre institutions les plus importantes dans son secteur au monde. Des sommités de partout y travaillent, y compris des Québécois francophones qui se mesurent aux meilleurs au monde, dans un établissement de leur métropole.
16 h 50 min
Je ne dis pas qu’il ne s’y fait rien d’intéressant, je dis simplement que nous n’en avons pas pour notre argent. Nous n’avons pas à nous lancer dans une poursuite illusoire des universités anglo-saxonnes, c’est se battre contre des moulins à vent. Je ne crois pas qu’avoir une usine à exporter des diplômés, subventionnée grassement quoi qu’on en dise, est un atout pour le Québec, c’est tout. Je ne dénigre pas le travail de personne, d’ailleurs comme je l’ai mentionné j’y ai étudié.
Il y a de très bonne raisons de critiquer l’administration de Munroe-Blum et évidemment le JdeM ne fait qu’effleurer la question. Pourtant le malaise est bel et bien là, nous sommes en présence de quelqu’un qui demande à tout le monde de se serrer la ceinture et qui crie famine continuellement tout en dépensant allègrement l’argent public. C’est un comportement symptomatique de cette institution qui n’a pas comme priorité le bien commun des Québécois, ni même des Canadiens.
14 h 06 min
Monsieur Duhamel,
Vous oubliez le financement public de la procréation assistée. 63 millions par année, dit-on. Cette innovation ne sera jamais contestée dans le Journal de Montréal, même par les ultras de la critique de l’État providence.
Je vous laisse le soin de suggérer ce thème au responsable de la section « Où vont vos impôts ? ».
Salutations,
16 h 28 min
La proposition de Québécor aux journalistes en lock-out du Journal de Montréal ressemble à s’y méprendre à un retour à « Nouvelles et Potins », la feuille de choux du défunt père de l’empire, qui faisait ses choux gras de fausses nouvelles et de soi-disants scandales.
Quand on ne travaille que pour sa poche, il ne faut pas se surprendre que la grande idée maitresse dite de la convergence semble s’embrouiller dans un méli mélo de relations de travail qui commence à friser l’absurde.
Se rapprocher du bon peuple est peut-être à certains égards louable, mais quand tout ça sent une démagogie opportuniste à plein nez, ça commence à paraitre bizarre.
Vive la cacaphonie en développement chez cet empire à la québécoise…
16 h 49 min
« Revenons à McGill. Nous parlons ici de l’une des 20 meilleures universités au monde pour une septième année consécutive selon le Times Higher Education, publié à Londres » PD
Vous voulez sans doute dire le monde de l’anglo-saxon.
Qui, comme nous savons tous, font partie d’une civilisation beaucoup plus avancée que la nôtre, latine et française. N’est-ce pas ?…
« La première question qu’il me vient en tête c’est de savoir si la rémunération de Madame Munroe-Blum se compare à celle des présidents ou recteurs des grandes universités comparables. » PD
Autrement dit… La rémunération de Munroe-Blum doit être comparable à des rémunérations payées dans des régimes fiscaux et économies étrangères. Sans aucun égard au niveau ce richesse ou pauvreté, du coût de la vie au Québec et la capacité fiscale de ses contribuables.
Si c’est ça, ne trouvez-vous pas que c’est du délire ?
Est-ce que la richesse du Québec, son économie et la capacité financière de ses contribuables est comparable ou égale à ces anglo-saxons américains que vous citez… Harvard, MIT, l’université de l’Ohio, l’université de l’Alberta, l’université de Toronto ?…
Vous affirmez que le Québec, qui n’est pas un état anglo-saxon américain, est grandi par la présence et la réputation d’une université de langue et culture étrangère à la majorité française du Québec. Une université qui ne sert plus qu’une toute petite minorité de 7% de la population, ou 570 milles anglophones.
Vous voulez sans doute dire que…
En permettant que McGill, financée par les impôts de la majorité domestiquée francophone, forme des diplômés qui vont travailler et payer des impôts ailleurs en Amérique, cela est un facteur de croissance pour le Québec. De la dette totale du Québec, sans doute.
Ne trouvez-vous pas votre affirmation un peu délirante ?…
«Des sommités de partout y travaillent, y compris des Québécois francophones qui se mesurent aux meilleurs au monde, dans un établissement de leur métropole… »
Dans quelle langue ces francophones travaillent-ils, au Québec ?…
CH
16 h 53 min
C’est votre opinion, mais pour répondre à votre dernière question : en français avec les patients francophones.
16 h 41 min
Vous faites fausse route si vous croyez que McGill ne sert que 7% de la population. Vous croyez sérieusement qu’il n’y a pas de francophones à McGill?
De plus, ce n’est pas 100% de ceux qui sont formés à McGill qui quittent le Québec. Donc ceux qui restent forcément contribuent au développement du Québec.
17 h 16 min
Très bon point soulevé par le JdM. Si ces gens veulent être payé avec l’argent de nos taxes, alors je m’attends à savoir comment chaque sous sera dépensé. Si les fonctionnaires ne veulent pas vivre cette inquisition, alors qu’ils se fassent payer par le privé.
Je me fous de savoir ce qui se fait ailleurs, moi je sais que comme Québécois je suis surtaxé et sur endetté. par le gouvernement.
Non aux dépenses frivole de la rectrice, oui à un colisée mais uniquement s’il est 100% financé par le privé.
Moi je préfère de loin le JdM depuis que les syndiqués sont dehors. Parce qu’un journal écrit par des journalistes qui ont déjà déclaré que leur travail consistait à défendre la social démocratie québécoise ça ne fait pas sérieux.
20 h 43 min
Ah, mais un journal écrit par des cadres (qui ne sont pas journalistes pour plusieurs) dont le travail est de faire vendre des copies (et non pas d’informer), c’est mieux?
17 h 14 min
Il y a un journal quelque part qui a deja servi a informer? ce serait bien une premiere….
23 h 03 min
Bonsoir,
Je suis d’accord avec votre billet. La complexité de la rénumération des hauts-fonctionnaires vient principalement des articles démagogiques du journal de montréal. Ces articles se répètent d’année en année avec peu de variation du contenu. C’est après les fêtes que sera publié l’enquête sur nos écoles publiques qui reprendra la série d’articles (avec 4 lignes pertinentes, le reste étant du remplissage) parus en 2005.
Je voudrais aussi vous rappeler qu’à la page C113 du document du budget expliquant le déficit de 4,5 milliards, il y a 9,1 milliards de dépenses à faire dans les prochains 5 ans et que l’on comptabilise maintenant.
Earl Jones doit trainer ses guêtres au parlement.
Ou au parlementerie? lol!
7 h 49 min
SI on fait le calcul, 24 000 dollars divisés par environ 6,5 millions de personnes. Ça aura coûté plus cher payer le journaliste et imprimer le tout dans le journal, si ça se trouve.
10 h 18 min
Ça fait plaisir de lire un commentaire intelligent. De voir qu’il y a encore des gens qui ne sont pas dupes de ces faux scandales à répétition.
C’est d’autant plus intéressant que vous donnez vous-mêmes la recette de ce qu’est un reportage équilibré et honnête. Il faut comparer, donner des ordres de grandeur, faire des calculs — toutes choses trop compliquées (et potentiellement contre-productives) quand l’objectif du reporter est manifestement d’arriver à une conclusion précise en phase avec les préjugés du patron. Vaut mieux alors fermer les yeux sur des informations contradictoires et ne pas fouiller trop loin, de peur que le scandale ne soit qu’un pétard mouillé.
Merci pour votre texte!
M.F.
16 h 59 min
« Revenons à McGill. Nous parlons ici de l’une des 20 meilleures universités au monde pour une septième année consécutive selon le Times Higher Education, publié à Londres » PD
Au monde ?… Le monde de l’anglo-saxon ?…
Voici mes données…
McGill – 2008
Heather Munroe-Blum
Salaire 358 000 $
Primes 229 000 $
Dépenses – 160 000 $
Total – 747 222 $
Cela, dans une économie dont le revenu personnel moyen est de 33,000 $ et de couple de 61,000 $.
Cessons de tourner en rond, SVP. Voici ce que les lecteurs ont écrit et veulent savoir.
Pouvez-vous nous expliquer comment et pourquoi…
Une directrice d’université anglophone publique, qui ne sert qu’un tout petit 7,7 % de la population du Québec, soit rémunérée 412,000 $ de plus que le Premier ministre du Québec ?… Et, qu’elle ait un compte de dépense de 145,000 $ plus élevé que le Premier ministre.
L’Ontario à une population francophone de 5% ou 500,000 environ, pourtant ils n’ont pas d’université francophone. Alors, Ne serait-il pas mieux de prévoir déménager McGill en Ontario, là où se trouve la population qu’elle sert en grande majorité,
On se demande tous… Qu’est-ce qu’une université unilingue anglo-saxonne, en territoire du Québec, peut bien apporter au peuple francophone du Québec ?…
SP
12 h 53 min
Simplifions un peu. La rectrice rapporte 750 millions en dons. 750 millions économisé par le gouvernment du Québec.
N’importe qui réclamerait 10% au moins de ce qu’elle fait économiser. Mais nous on chiale parcequ’on lui donne beaucoup moins….
Qu’est-ce que cette université nous apporte? 750 millions de dépense de moins et une formation toujours « a la fine pointe….
16 h 58 min
Yvon St-Louis
18 octobre 2010 – 12 h 53 min
Simplifions un peu. La rectrice rapporte 750 millions en dons. 750 millions économisé par le gouvernment du Québec.
De tous les reportages consultés à la base de données des médias Eureka, aucun ne fait mention de ce montant.
Étant donné que ce montant est presque le double du budget annuel de la unilingue anglophone McGill et qu’elle déclare quand même un déficit de quelques 12 millions, je transmets votre commentaire au DAF, CH, pour vérifier s’il s’agit d’une affirmation frauduleuse.
Yvon St-Louis
18 octobre 2010 – 12 h 53 min
Qu’est-ce que cette université nous apporte? 750 millions de dépense de moins et une formation toujours « a la fine pointe….
Quant à la formation à la fine pointe, dans la langue et culture de l’anglo-saxon canadien, elle ne sert pas au Québec et au Québécois latin de langue française. C’est une langue et culture étrangère.
Mais, pour démontrer cette supériorité à la fine pointe, il faudrait écrire votre commentaire dans la langue de McGill, plutôt que dans ma langue française.
SP
17 h 22 min
Pas besoin d’aller chercher loin pour les 750 millions de dollars. Vous trouverez l’information sur le site de McGill, et en français. On sait aussi que 500 millions de dollars ont déjà été récoltés. Ces sommes font partie d’un budget de dotation, utilisé pour des infrastructures ou des missions particulières. Elles ne compensent pas les budgets d’exploitation insuffisants accordés à toutes les universités québécoises. Oubliez votre fixation anti-anglophone, toutes les universités du Québec sont aux prises avec ce problème et ont un fonds de dotation.
Quant à la contribution de McGill, je constate que nous ne nous entendrons jamais. En ce qui me concerne, la langue anglaise fait partie de l’héritage de Montréal et du Québec. Nous avons ici l’une des institutions de haut savoir les plus réputées au monde, établie depuis presque 200 ans et où étudient 6000 francophones. 56 % des étudiants proviennent du Québec et 25 % du reste du pays. Les francophones peuvent du reste y écrire leur mémoire de maîtrise ou leur thèse de doctorat en français depuis 1835. Étrangère, vous dites ?
13 h 43 min
Je suis d’accord avec plusieurs des propos qui sont tenus dans ce billet. Je crois que le poids du fardeau fiscal au Québec, ainsi qu’un certain tabou sur les salaires, favorise le développement d’une rémunération « par la porte d’en arrière » dans le secteur public.
Ce sont ce genre de clauses « femme de ménage » ou les allocations en cas de démission qu’il faut éliminer. Qu’on augmente plutôt le salaire et la rémunération deviendra complètement transparente. Mais dans l’état actuel des choses, je comprends que les hauts salariés préfèrent des clauses qui leur évitent d’être saignés par un fisc québécois beaucoup trop vorace. Et je comprends aussi pourquoi une université comme McGill doive sans doute y recourir pour offrir une rémunération permettant d’attirer des gens de qualité.
La Ligue des contribuables ne dénoncerait pas le montant du salaire de Mme Blum comme tel. Je suis d’accord avec M. Duhamel sur ce point : il faut comparer son salaire et ses avantages sociaux à ce qui se fait ailleurs dans les universités nord-américaines de même calibre.
Par contre, nous sommes d’avis que les clauses de rémunération torturées ou celles qui ont des effets pervers (comme les allocations en cas de démission) doivent être dénoncées. Même les petits accrocs à la transparence ont une grande importance symbolique pour toute une catégorie de citoyens. C’est une question de principe.
Certes, ce n’est la question des comptes de dépenses qui explique l’impasse budgétaire dans lequel se trouve le Québec…